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CNFSE — Formation HACCP hygiène alimentaire — retour à l’accueil

HACCP : définition de la méthode d’hygiène des aliments

HACCP est l’acronyme de Hazard Analysis Critical Control Point, soit « analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise ». C’est une méthode d’organisation de la sécurité des aliments, fondée sur sept principes issus du Codex Alimentarius. Ce n’est ni un diplôme, ni une certification, ni un label : c’est une démarche que tout exploitant du secteur alimentaire doit appliquer.

Ce que recouvre le sigle, ce qu’il n’est pas, et d’où il vient.

HACCP signifie Hazard Analysis Critical Control Point, soit « analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise ». C’est une méthode de sécurité alimentaire : on repère les dangers à chaque étape de la fabrication, puis on maîtrise les étapes où tout se joue. Le règlement (CE) n° 852/2004 l’impose à toute entreprise du secteur alimentaire après la production primaire, restaurants compris.

Ce n’est ni un diplôme, ni un label. Le HACCP ne se décerne pas : il se met en œuvre et se prouve au quotidien.

Que signifie HACCP ?

L’acronyme est anglais. Hazard Analysis veut dire analyse des dangers, et Critical Control Point, point critique pour la maîtrise. En français, on traduit le plus souvent par « analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise ». On parle indifféremment de méthode, de démarche ou de système HACCP. « Norme HACCP », en revanche, est un abus de langage : l’obligation d’appliquer le HACCP vient d’un règlement européen, pas d’une norme. Les normes comme l’ISO 22000 restent volontaires (voir les normes HACCP en cuisine).

D’où vient la méthode HACCP ?

Elle a été conçue dans les années 1960 par l’entreprise Pillsbury, la NASA et les laboratoires Natick de l’armée américaine, pour assurer la sécurité des aliments destinés aux astronautes. Le contrôle du produit fini ne pouvait pas suffire : une analyse détruit l’échantillon qu’elle teste. Pour garantir chaque repas, il aurait fallu les analyser tous, et il ne serait rien resté à manger. Le principe retenu a donc été inverse : maîtriser le procédé plutôt que contrôler le résultat.

La Commission du Codex Alimentarius, instance internationale de la FAO et de l’OMS, a ensuite formalisé la méthode en sept principes. L’Union européenne l’a reprise dans la directive 93/43/CEE, puis dans le règlement (CE) n° 852/2004, qui s’applique depuis le 1er janvier 2006.

La méthode continue d’évoluer. Les principes généraux d’hygiène alimentaire du Codex (CXC 1-1969), refondus en 2020 et mis à jour en 2022, consacrent désormais une section à la gestion des allergènes. Côté européen, le règlement (UE) 2021/382 a ajouté au règlement 852/2004 la maîtrise des allergènes et la culture de la sécurité alimentaire.

Le HACCP est-il obligatoire pour une entreprise alimentaire ?

Oui. Le règlement (CE) n° 852/2004, pièce centrale du Paquet hygiène européen, en fait une obligation. Son article 5 est explicite (voir aussi notre page sur le règlement 852/2004) : « Les exploitants du secteur alimentaire mettent en place, appliquent et maintiennent une ou plusieurs procédures permanentes fondées sur les principes HACCP. »

L’obligation vaut pour toutes les étapes de production, de transformation et de distribution des denrées, après la production primaire. Un restaurant, une boulangerie, une cantine ou un traiteur sont concernés, au même titre que l’industrie agroalimentaire. Le texte prévoit une application proportionnée : la documentation se fait « en fonction de la nature et de la taille de l’entreprise », et les guides de bonnes pratiques d’hygiène peuvent servir d’appui.

La Commission européenne a précisé cette souplesse dans sa communication 2022/C 355/01. L’obligation consiste d’abord à analyser les dangers et à examiner s’il existe des points critiques. Si l’analyse n’en révèle aucun, les bonnes pratiques d’hygiène peuvent suffire, et une très petite entreprise tient une documentation allégée. La souplesse porte sur la documentation, pas sur la sécurité : selon la Commission, « l’objectif premier de la flexibilité n’est pas de réduire le nombre de CCP ».

Deux obligations de formation s’y ajoutent, à ne pas confondre.

La première vient du droit européen. L’annexe II du même règlement impose que les personnes qui manipulent les denrées soient encadrées et disposent d’instructions ou d’une formation en hygiène alimentaire adaptées à leur poste. Les personnes chargées de la procédure HACCP doivent, elles, avoir reçu une formation à l’application de ses principes.

La seconde est française. Le décret n° 2011-731 du 24 juin 2011 impose aux établissements de restauration commerciale (restauration traditionnelle, cafétérias et libres-services, restauration rapide et vente à emporter) de compter au moins une personne formée à l’hygiène alimentaire.

Le contenu et la durée, quatorze heures, sont fixés par l’arrêté du 12 février 2024, qui remplace l’arrêté du 5 octobre 2011. Le Conseil d’État l’a partiellement annulé le 1er juillet 2025 (décision n° 493547) : seuls tombent ses articles 3 à 8 et son annexe II, qui encadraient l’enregistrement des organismes de formation.

La durée de 14 heures et le contenu de la formation restent en vigueur, tout comme l’obligation de consacrer, sur chaque période de sept heures, au moins deux heures en présence des stagiaires à des mises en situation avec manipulation de matériel. Certaines activités en sont dispensées, comme les traiteurs ou les métiers de bouche : service-public.fr en donne la liste. Service-public le précise : cette formation de 14 heures ne se confond pas avec la formation HACCP exigée par le droit européen.

Cette formation donne lieu à une attestation, pas à un diplôme. Des organismes certificateurs vendent aussi une « certification HACCP ». Elle reste volontaire : aucun texte ne l’exige d’un restaurant.

Danger, risque, point critique : les mots de la sécurité sanitaire

Ces quatre termes reviennent dans tout plan de maîtrise sanitaire. Les confondre suffit à rendre une analyse des dangers inexploitable.

Qu’est-ce qu’un danger ?

Le règlement (CE) n° 178/2002 définit le danger comme « un agent biologique, chimique ou physique présent dans les denrées alimentaires […] pouvant avoir un effet néfaste sur la santé ». Trois familles, donc :

  • biologique : une bactérie comme la salmonelle ou Listeria, un virus, une moisissure ;
  • chimique : un résidu de produit de nettoyage, un allergène non déclaré, une migration d’emballage ;
  • physique : un éclat de verre, un fragment de métal, un corps étranger.

Qu’est-ce qu’un risque ?

Le risque n’est pas le danger. Le même règlement le définit comme « une fonction de la probabilité et de la gravité d’un effet néfaste sur la santé, du fait de la présence d’un danger ». Deux dimensions entrent donc en jeu : un danger rare peut, par exemple, représenter un risque élevé s’il est grave.

Le risque nul n’existe pas en production alimentaire. La méthode HACCP ne l’élimine pas : elle le ramène à un niveau acceptable, et elle le mesure.

Qu’est-ce que l’analyse des risques ?

Toujours selon le règlement 178/2002, l’analyse des risques est « un processus comportant trois volets interconnectés » : l’évaluation des risques, leur gestion et la communication sur les risques. Ce cadre sert d’abord aux autorités sanitaires, qui évaluent les risques et fixent les règles.

En cuisine, l’exploitant mène une analyse des dangers : c’est le premier des principes HACCP. Elle s’appuie souvent sur la méthode des 5M (matière, matériel, méthode, main-d’œuvre, milieu) pour ne laisser aucune source de contamination de côté.

Qu’est-ce qu’un point critique (CCP) ?

Un point critique pour la maîtrise (CCP) est une étape du procédé où un contrôle est indispensable pour prévenir ou éliminer un danger, ou le ramener à un niveau acceptable. C’est un moment du processus, pas un lieu ni un équipement.

Chaque CCP porte une limite critique : un critère mesurable ou observable (température, durée, pH, absence de métal au détecteur) qui sépare l’acceptable de l’inacceptable. Sans limite critique fixée à l’avance, il n’y a pas de CCP : il n’y a qu’une intention.

Un exemple en cuisine. La cuisson d’une viande est un CCP : un couple temps-température détruit les bactéries, et aucune étape ultérieure ne rattrapera une cuisson insuffisante.

Le lavage des légumes, lui, n’en est pas un, même pour des légumes servis crus : il n’a pas de limite critique et n’élimine pas le danger. La Commission européenne) le dit sans détour : les processus de lavage « ne peuvent généralement pas être considérés comme des CCP ». Le lavage relève des bonnes pratiques d’hygiène.

Encadré et surveillé (fréquence de changement de l’eau, par exemple), il peut devenir un PRPo, un programme prérequis opérationnel : une mesure pilotée par un critère d’action, pas par une limite critique. Seule une décontamination dont la concentration du produit et le temps de contact sont fixés et contrôlés pourrait prétendre au statut de CCP, si l’analyse des dangers le justifie.

Les 7 principes HACCP en bref

L’article 5 du règlement 852/2004 énumère les sept principes :

1. identifier les dangers à prévenir, éliminer ou ramener à un niveau acceptable ;

2. identifier les points critiques où un contrôle est indispensable ;

3. fixer, à ces points critiques, les limites critiques ;

4. surveiller efficacement les points critiques ;

5. prévoir les actions correctives quand un point critique n’est plus maîtrisé ;

6. vérifier régulièrement que ces mesures sont efficaces ;

7. tenir des documents et des dossiers qui prouvent leur application.

La vérification passe le plus souvent par des audits programmés et par la relecture des enregistrements.

Le détail de chaque principe, avec des exemples de cuisine, figure sur la page les 7 principes HACCP. Leur mise en œuvre en 12 étapes est expliquée sur la page méthode HACCP.

HACCP, BPH, PMS : ne pas confondre

La démarche HACCP n’est qu’une partie de l’hygiène en cuisine.

  • Les BPH, bonnes pratiques d’hygiène, sont les règles générales qui s’appliquent partout et tout le temps (lavage des mains, plan de nettoyage, tenue, chaîne du froid).
  • La démarche HACCP analyse les dangers propres à vos produits et maîtrise vos points critiques.
  • Le PMS, plan de maîtrise sanitaire, est le dossier qui rassemble les BPH, la démarche HACCP, la traçabilité et la gestion des non-conformités, dont les procédures de retrait et de rappel. C’est lui que l’on présente lors d’un contrôle.
  • Le GBPH, guide de bonnes pratiques d’hygiène, est un document de référence par secteur, validé par l’administration, sur lequel l’établissement peut s’appuyer.

Le HACCP dans un restaurant, concrètement

Appliquer le HACCP, c’est savoir répondre à trois questions pour chaque préparation : où peut apparaître un danger, à quelle étape il faut le maîtriser, et comment le prouver.

Les réponses changent d’un établissement à l’autre. Une cuisine centrale en liaison froide a pour points critiques le refroidissement rapide, le stockage et le transport. Dans un restaurant traditionnel qui sert en direct, le CCP type est la cuisson, comme dans l’exemple plus haut. La réception et le stockage relèvent des prérequis : contrôle des températures à la livraison, respect de la chaîne du froid, rangement des produits.

En restauration collective, l’arrêté du 21 décembre 2009 (annexe IV) fixe les seuils : refroidissement de +63 °C à +10 °C en deux heures au plus, remise en température en une heure au plus entre +10 °C et la température de service, et service à +63 °C au moins.

Vous tenez un restaurant ? En restauration commerciale, au moins une personne de l’établissement doit avoir suivi la formation de 14 heures en hygiène alimentaire. Notre formation à l’hygiène alimentaire de 14 heures, souvent appelée formation HACCP, couvre l’analyse des dangers, les points critiques et le plan de maîtrise sanitaire, avec des cas de cuisine.

Les sigles à connaître

  • AGEFIPH : association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.
  • ARS : agence régionale de santé, à qui se déclare une toxi-infection alimentaire collective.
  • ASEAN : Association des États du Sud-Est asiatique.
  • BPF : bonnes pratiques de fabrication.
  • BPH : bonnes pratiques d’hygiène.
  • BRC : British Retail Consortium, référentiel privé de sécurité des denrées.
  • CCP : Critical Control Point, point critique pour la maîtrise.
  • CE : Communauté européenne. Les règlements adoptés avant le traité de Lisbonne portent ce sigle — « règlement (CE) n° 852/2004 » — ceux adoptés depuis portent (UE).
  • CEE : Communauté économique européenne.
  • CEN : Comité européen de normalisation.
  • CGAD : Confédération générale de l’alimentation en détail.
  • CNCT : Confédération nationale des charcutiers-traiteurs.
  • CPIH : Confédération professionnelle des indépendants de l’hôtellerie.
  • DDM : date de durabilité minimale, à ne pas confondre avec la DLC.
  • DDPP (ou DDETSPP) : direction départementale de la protection des populations, qui contrôle les établissements.
  • DGAL : direction générale de l’alimentation, au ministère chargé de l’agriculture.
  • DGCCRF : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
  • DLC : date limite de consommation.
  • DRAAF : direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRIAAF en Île-de-France).
  • DREETS : direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, auprès de laquelle se déclare un organisme de formation ; DRIEETS en Île-de-France.
  • DRIAAF : direction régionale et interdépartementale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, en Île-de-France.
  • DRIEETS : direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, en Île-de-France.
  • EN : norme européenne, publiée par le CEN — « EN 1276 » désigne l’essai d’activité bactéricide d’un désinfectant.
  • ENSFEA : École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole, qui a succédé en 2015 à l’ENFA.
  • FAFCEA : fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale.
  • FAO : Food and Agriculture Organization, organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
  • FIFO : First in, first out, premier entré, premier sorti.
  • GBPH : guide de bonnes pratiques d’hygiène.
  • GFSI : Global Food Safety Initiative, initiative mondiale de la sécurité alimentaire.
  • HACCP : Hazard Analysis Critical Control Point, analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise.
  • IAA : industries agroalimentaires.
  • IFIP : Institut du porc.
  • IFS : International Featured Standards, référentiel privé de sécurité des denrées, comme le BRC.
  • ISO : International Organization for Standardization, organisation internationale de normalisation.
  • NAF : nomenclature d’activités française, dont le code identifie l’activité déclarée d’un établissement.
  • OGM : organisme génétiquement modifié.
  • OIE : Office international des épizooties, devenu Organisation mondiale de la santé animale.
  • OMC : Organisation mondiale du commerce.
  • OMS : Organisation mondiale de la santé.
  • PME : petites et moyennes entreprises.
  • PMS : plan de maîtrise sanitaire.
  • PRP : programme prérequis, l’ensemble des bonnes pratiques d’hygiène et des conditions de base (traçabilité, formation…).
  • PRPo : programme prérequis opérationnel, une mesure de maîtrise ciblée sur un danger significatif, surveillée avec un critère d’action.
  • QQOQCP : quoi, qui, où, quand, comment, pourquoi — grille de questionnement.
  • RNCP : répertoire national des certifications professionnelles.
  • ROFHYA : répertoire des organismes de formation en hygiène alimentaire ; l’organisme qui dispense la formation de quatorze heures doit y être inscrit.
  • SPS : accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires.
  • TIAC : toxi-infection alimentaire collective.
  • TPE : très petite entreprise, moins de dix salariés — à distinguer des PME.
  • UE : Union européenne.
  • UMIH : Union des métiers et des industries de l’hôtellerie.
  • USA : United States of America.

Par Mourad Mejri

Mis à jour le

Questions fréquentes

Textes de référence

7 textes cités

Les textes cités sur cette page, dans leur version officielle.

  1. Décret n° 2011-731 du 24 juin 2011 relatif à l’obligation de formation en matière d’hygiène alimentaire de certains établissements de restauration commerciale

    Pose l’obligation, pour un établissement de restauration commerciale, de compter au moins une personne formée.

    Légifrance

  2. Arrêté du 12 février 2024 relatif au cahier des charges de la formation spécifique en matière d’hygiène alimentaire adaptée à l’activité des établissements de restauration commerciale

    Fixe le contenu, la durée de quatorze heures et les modalités de la formation. Remplace l’arrêté du 5 octobre 2011. Partiellement annulé par le Conseil d’État le 1er juillet 2025 (décision n° 493547) : ses articles 3 à 8 et son annexe II, qui encadraient l’enregistrement des organismes de formation, sont tombés — la durée et le contenu de la formation, eux, restent en vigueur.

    Légifrance

  3. Arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail, d’entreposage et de transport de produits d’origine animale et denrées alimentaires en contenant

    Fixe notamment les températures de conservation et l’obligation de plat témoin en restauration collective.

    Légifrance

  4. Règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires

    Impose à tout exploitant du secteur alimentaire une démarche fondée sur les principes HACCP.

    EUR-Lex

  5. Règlement (CE) n° 178/2002 du 28 janvier 2002 établissant les principes généraux de la législation alimentaire

    Pose la traçabilité, l’obligation de retrait et de rappel, et institue l’EFSA.

    EUR-Lex

  6. Directive 93/43/CEE du 14 juin 1993 relative à l’hygiène des denrées alimentaires

    Premier texte européen à introduire l’HACCP. Ne fonde plus aucune obligation actuelle.

    Abrogée le 1er janvier 2006 par le règlement (CE) n° 852/2004.

    EUR-Lex

  7. Codex Alimentarius — Principes généraux d’hygiène alimentaire (CXC 1-1969)

    Origine des sept principes HACCP, repris ensuite par la réglementation européenne.

    Codex Alimentarius