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CNFSE — Formation HACCP hygiène alimentaire — retour à l’accueil

La méthode HACCP

La méthode HACCP se déroule en douze étapes : cinq de préparation — constituer l’équipe, décrire le produit, définir son usage, établir le diagramme de fabrication, le vérifier sur le terrain — puis les sept principes proprement dits. Elle s’applique à chaque procédé, et non à l’établissement en bloc.

Comment la démarche se déroule concrètement dans un établissement.

Que signifie HACCP ?

HACCP est l’acronyme anglais de Hazard Analysis Critical Control Point, que l’on traduit par analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise. Ce n’est pas une norme au sens strict : c’est une démarche de travail structurée, qui consiste à identifier les dangers, à évaluer leur niveau de risque, puis à mettre en place la maîtrise adaptée à chaque étape de la fabrication.

La nuance a une conséquence pratique : aucun organisme ne délivre le HACCP. C’est l’exploitant qui l’applique, et c’est à lui de pouvoir le démontrer. Les termes qu’elle emploie — danger, risque, point critique — sont détaillés dans nos définitions.

D’où vient la méthode ?

Elle a été conçue dans les années 1960 pour la sécurité des aliments embarqués lors des missions spatiales américaines. Le contrôle du produit fini y était inapplicable : on ne peut pas analyser un lot après l’avoir consommé, et prélever de quoi être statistiquement sûr revient à détruire une part du stock. Le principe retenu fut donc d’inverser la logique — maîtriser le procédé plutôt que contrôler le résultat.

C’est toute la différence entre une approche réactive, qui constate après coup, et une approche préventive, qui agit en amont à chaque étape de la chaîne : réception, stockage, transformation, transport, distribution. Le Codex Alimentarius a ensuite formalisé la méthode, et la réglementation européenne l’a rendue obligatoire.

Que dit la réglementation ?

Depuis 2006, le « Paquet Hygiène » — et en particulier le règlement (CE) n° 852/2004 — impose à tout exploitant du secteur alimentaire de mettre en place des procédures fondées sur les principes HACCP. L’obligation porte sur la démarche, pas sur un document type : deux établissements peuvent être conformes avec des plans très différents, dès lors que chacun est adapté à ce qu’il produit.

En France s’y ajoute une obligation de formation. Depuis la loi du 27 juillet 2010, tout établissement de restauration commerciale doit compter dans son effectif au moins une personne ayant suivi une formation à l’hygiène alimentaire de quatorze heures. L’attestation correspondante est demandée lors des contrôles de la DDPP. Le CNFSE, organisme certifié Qualiopi, la dispense partout en France : nos prochaines sessions et nos tarifs.

Cinq étapes avant de commencer

Avant d’analyser quoi que ce soit, la démarche demande de savoir de quoi l’on parle. On constitue une équipe qui connaît le procédé, on décrit ce que l’on produit, on précise à qui c’est destiné — un plat servi en crèche n’appelle pas les mêmes précautions qu’un plat servi en brasserie — puis on trace le diagramme de fabrication, de la réception au service. Dernière étape, la plus négligée : aller vérifier sur place que le diagramme correspond à ce qui se passe réellement.

Ces cinq étapes préliminaires sont celles du Codex Alimentarius. Elles paraissent formelles ; elles ne le sont pas. Un diagramme faux fait porter l’analyse sur un procédé qui n’existe pas, et tout ce qui suit est alors sans objet.

  • Constituer l’équipe — des personnes qui connaissent réellement le procédé, et au moins une formée à la méthode.
  • Décrire le produit — composition, traitements subis, conditionnement, mode de stockage et de distribution.
  • Définir l’usage prévu — qui le consomme, et notamment si des populations sensibles sont concernées.
  • Établir le diagramme de fabrication — toutes les étapes, dans l’ordre, sans en omettre aucune.
  • Le vérifier sur le terrain — et le corriger là où il s’écarte de la pratique observée.

Puis les sept principes

Les sept étapes suivantes appliquent les sept principes du Codex, un par un. Elles constituent, avec les cinq précédentes, les douze étapes de la démarche.

  1. Analyser les dangers — pour chaque étape du diagramme, recenser les dangers biologiques, chimiques et physiques, et leur opposer une mesure de maîtrise. Deux questions à chaque fois : quelle probabilité que l’incident survienne, et quelle conséquence pour le consommateur.
  2. Déterminer les points critiques — les étapes où la maîtrise est déterminante. L’arbre de décision aide à les identifier, à condition de le manier avec discernement plutôt que comme un dogme. Si un danger ne trouve aucune parade à une étape donnée, c’est le procédé lui-même qu’il faut modifier.
  3. Fixer les limites critiques — une valeur mesurable par point critique, qui sépare l’acceptable de l’inacceptable : température, durée, pH, activité de l’eau. Sans valeur chiffrée, il n’y a pas de point critique, seulement une intention.
  4. Organiser la surveillance — qui mesure, quoi, à quelle fréquence, et avec quel instrument. La mesure doit remonter assez tôt à quelqu’un qui a l’autorité de corriger.
  5. Prévoir les actions correctives — que fait-on quand une limite est dépassée, quel sort réserve-t-on au produit concerné, et qui en décide. La destination donnée au produit écarté doit être consignée.
  6. Vérifier — contrôler que le dispositif fonctionne comme prévu : relecture des relevés, prélèvements, audits internes, échantillonnages aléatoires.
  7. Documenter — analyse des dangers, limites critiques, relevés de surveillance, actions correctives, vérifications. C’est le principe le plus souvent pris en défaut lors d’un contrôle.

Le résultat écrit de cet enchaînement porte un nom : c’est le plan HACCP, lui-même l’un des volets du plan de maîtrise sanitaire.

Comment analyse-t-on les dangers ?

L’analyse des dangers s’appuie couramment sur la méthode des 5 M, qui balaie les cinq sources possibles de contamination : la main-d’œuvre, le milieu, le matériel, la matière première et la méthode. Passer les cinq en revue à chaque étape du diagramme évite l’angle mort classique — se concentrer sur les denrées et oublier les mains, le plan de travail ou le mode opératoire.

Une démarche par procédé, pas par établissement

Un même restaurant peut avoir plusieurs diagrammes : le service à l’assiette, la préparation à l’avance, le sous-vide, la vente à emporter. Chacun a ses étapes critiques propres. Traiter l’établissement comme un tout unique conduit à passer à côté du procédé le plus risqué — souvent celui qui a été ajouté après coup.

Quels seuils faut-il tenir ?

Les limites critiques se fixent procédé par procédé, mais quelques valeurs reviennent dans presque tous les plans de la restauration.

  • Maintien au chaud — une préparation destinée à être servie chaude est tenue à +63 °C au minimum jusqu’au service.
  • Refroidissement rapide — le passage de +63 °C à +10 °C en moins de deux heures. C’est l’intervalle où la multiplication microbienne est la plus rapide : le traverser lentement suffit à rendre un plat dangereux sans qu’il paraisse altéré.
  • Conservation au froid — la température dépend de la denrée et non de l’enceinte. Elle est fixée par la réglementation pour chaque catégorie et, à défaut, par le fabricant : c’est cette valeur-là qui devient la limite critique, pas un réglage unique appliqué à toute la chambre froide.
  • DLC secondaire — un produit déconditionné se conserve trois jours au maximum, jour de l’ouverture compris, en l’absence d’étude de vieillissement le justifiant autrement. L’étiquetage de la date secondaire est ce qui rend la règle vérifiable.
  • Nettoyage et désinfection — un plan écrit précisant les surfaces, les produits, les doses, les temps de contact et les fréquences, avec les fiches de données de sécurité correspondantes.
  • Traçabilité — de quoi remonter à l’origine d’un lot et identifier ce qui en a été fait, condition d’un retrait ciblé plutôt que d’un retrait total.

Ce qui la fait tenir dans le temps

Une démarche HACCP écrite une fois puis rangée dans un classeur ne protège de rien. Ce qui la fait vivre : la surveillance quotidienne des limites, la trace écrite de cette surveillance, et une revue lorsque quelque chose change — un nouveau fournisseur, un nouvel équipement, un nouveau plat à la carte.

Mis à jour le

Questions fréquentes

Textes de référence

2 textes cités

Les textes cités sur cette page, dans leur version officielle.

  1. Règlement (CE) n° 852/2004 du 29 avril 2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires

    Impose à tout exploitant du secteur alimentaire une démarche fondée sur les principes HACCP.

    EUR-Lex

  2. Codex Alimentarius — Principes généraux d’hygiène alimentaire (CXC 1-1969)

    Origine des sept principes HACCP, repris ensuite par la réglementation européenne.

    Codex Alimentarius